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Conseil communautaire - 14 décembre 2020 - Refuge des individus oubliés

En marge d'une délibération sur une niche fiscale immobilière, j'ai interpellé le conseil sur la situation du logement à Angers et l'occupation du Refuge des Individus Oubliés.



Vous nous demandez de valider la niche fiscale octroyée légalement aux Organismes HLM au titre du parc social localisé en QPV.


Alors qu’aujourd’hui les angevins manquent de logements, et notamment de logements abordables, rénovés ou tout simplement décents, je m’étonne que les pouvoirs publics ne s’interrogent pas davantage sur notre politique de gestion des organismes HLM.


A quoi cela sert-il d‘octroyer des réductions d’impôts à des sociétés comme la SOCLOVA, qui préfère verser des dividendes à ses actionnaires plutôt que de réinvestir pour rénover ou construire de nouveaux logements ? Plus de 16 millions d’euros ont ainsi été sortis de la SOCLOVA au profit des actionnaires depuis 2014. Combien de logements peut-on construire avec 16 millions d’euros ? Combien d’appartements et maisons peuvent être isolés du froid en hiver ? Combien de plomberies et de réseaux électriques peut-on rénover, pour améliorer l’existence de leurs locataires ? C’est à cela que doit pourtant servir cet argent en priorité.


A quoi tout cela sert-il quand nous constatons que plusieurs centaines de personnes se retrouvent sans solutions d’hébergement et contraintes de dormir dans la rue, voire d’y mourir comme cette personne sans domicile décédée dans le parking du Haras la semaine dernière ? De “mort naturelle” nous a-t-on dit. Est-il naturel de mourir de froid dans la rue à 52 ans, dans notre riche et prospère cité ?


Vous le savez, l’urgence sociale et humanitaire exige parfois de trouver des solutions pour que les personnes en détresse trouvent un toit, un refuge, et ne perdent pas leur vie dans la rue. Ce toit stabilisateur qui permettra peut-être de passer à une autre étape de l’existence.


J’ai pu visiter ce vendredi un de ces nouveaux refuges, que certains appelleront un squat ou une occupation sans titre. Occupation réalisée sans voie de fait ni violences. Les occupants de cet immeuble, qui il y a quelques semaines encore était un foyer pour jeunes, m’ont montré un lieu qui a mis à l’abri dès le début de la semaine de nombreuses personnes en détresse : des étudiants, des demandeurs d’asile ou familles en attente d’un titre, des femmes seules, des mineurs non accompagnés, des travailleurs précaires.


Ils vont y trouver un lit, de la chaleur, un soutien, un accompagnement social. Ces personnes ont désormais un domicile. Certes sans titre, mais que nous devons considérer comme légitime. Nous devrions les aider plutôt que chercher à les réprimer. Le droit au logement est un droit humain fondamental, bien plus que l’exigence de rentabilité financière. Notre Conseil communautaire doit s’en souvenir.

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