• Claire Schweitzer

Projet alimentaire ALM : pour une agriculture écologique et + végétale ! - Conseil du 12/10/2020

Mis à jour : oct. 14

Comme la presse a décidé de déformer voire d'invisibiliser mes propos en Conseil communautaire d'Angers Loire Métropole hier soir, je vous livre au plus vite le texte de mon intervention.


Les collectivités ont enfin pris conscience de l’absolue nécessité de se doter de projets alimentaires durables. Vous nous demandez aujourd’hui de valider les objectifs, promesses et plans d’action du Projet Alimentaire de Territoire d’Angers Loire Métropole. Je voterai pour ce projet, car il est une avancée. Mais il manque sur certains points à mon sens d’ambitions et soulève quelques interrogations en termes de cohérence globale du projet de territoire.

Ce projet contient une ambition, celle d’une assiette durable, entre autres moins carnée, mais avec de la viande de qualité. Mais tout cela manque d’envergure. les grands scénarios alimentaires élaborés par les spécialistes du domaine sont unanimes : une alimentation durable doit passer par une substitution massive des protéines animales par des protéines végétales, que cela soit pour des questions de santé publique ou d’impact environnemental.

Or je ne retrouve nulle part dans ce projet mention de culture de légumineuses (lentilles, pois, lupin…), principales pourvoyeuses de protéines végétales. Augmenter la part des protéines végétales dans nos assiettes et donc dans nos champs est un élément fondamental, qui mériterait d’être souligné avec force.


Par ailleurs ce projet a pour ambition d’accompagner notre territoire vers une agriculture biologique : or là encore les légumineuses ont toute leur place dans l’abandon des intrants de synthèse. Angers, bonne championne de l’autonomie alimentaire a une carte importante à jouer dans ce domaine. Notre territoire se doit d’accompagner cette transition.


La question des protéines animales et de l’accompagnement de la filière doit aussi passer par une prise en compte affirmée du bien-être animal dans l’élevage. Là encore je regrette que nous ne parlions que de « viande de qualité », impliquant que l’animal n’est qu’un produit parmi d’autres, et que la question du sort des animaux ne soit pas questionnée de manière courageuse dans ce projet. Des engagements forts à ce sujet passant par la prise en compte de cette question dans les différents cahiers des charges et appels d’offres des marchés publics seraient de premiers éléments de réponse à cet enjeu.

Sur l’autonomie alimentaire, qui est un autre enjeu fort de ce projet, Angers fait partie des aires urbaines les mieux classées avec un score de 6,5%. Mais c’est au final tellement peu. Nous exportons la quasi-totalité de ce que nous produisons et importons la quasi-totalité de notre alimentation. Le rapport Utopies qui a opéré ce classement nous indique qu’Angers dispose d’un potentiel d’autonomie de 90% ! Oui la marche est grande, car reconnecter les besoins des habitants et nos productions est un très vaste chantier. Mais un chantier urgent. Les promesses du PAT sont raisonnables, mais sont-elles suffisantes ?

Mais surtout, cette autonomie passe par une gestion exemplaire de nos terres agricoles. J’ai donc l’impression qu’ici encore, nous déconnectons les enjeux. Que devons-nous penser des promesses du PAT quand nous constatons que dans quelques délibérations ce Conseil se penchera sur la création d’une zone d’activités économiques urbanisée, justement sur des terres agricoles à Avrillé ?


Alors que nos logiques et habitudes doivent drastiquement évoluer, ce type de décision doit s’inscrire dans ce schéma global de transition. Accompagner le mouvement des terres agricoles vers une agriculture durable et non poursuivre l’artificialisation des sols.





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