• Claire Schweitzer

Conseil du 26 octobre 2020 - Logement, fracture numérique, réciprocité des aides sociales.

Souvent lors des conseils nous avalisons des cessions de terrain, des "déclassements". Lors de ce conseil, beaucoup de cessions pour du tertiaire... et pourtant, la ville traverse une importante crise du logement! En parallèle, la Grande Ourse, qui s’évertue à trouver des solutions pour des mineurs isolés, des sans abris, des travailleurs pauvres, des étudiants, va bientôt être expulsée. RDV samedi 31 octobre pour manifester notre soutien à la Grande Ourse!


Ma réaction:


Vous nous soumettez deux délibérations de déclassement et cession de terrain pour y construire des projets "à dominante tertiaire”, c’est à dire des bureaux d’entreprise ou des commerces. Alors que les professionnels du secteur du logement et les associations engagées dans le droit à un logement digne tirent tous la sonnette d’alarme sur le manque de logements à Angers notamment pour les étudiants et les plus précaires. Alors que le prix des loyers flambe et que de moins en moins de logements sont disponibles. Alors que des centaines d’étudiants angevins se sont retrouvés sans solution d'hébergement, pour certains contraints de dormir dans la rue. Alors que le collectif humanitaire La Grande Ourse se retrouve expulsé du bâtiment qu’il avait réquisitionné pour y loger des dizaines de personnes en détresse et sans solution de logement. Je ne comprends pas que la priorité immobilière du moment à Angers soit de construire des bureaux et de chercher à attirer toujours plus d’entreprises en ville alors que nous n’avons déjà pas de quoi loger de manière abordable les travailleurs et étudiants angevins. Il est urgent que les pouvoirs publics agissent pour régler cette situation au plus vite et garantir un logement digne à chacun.

J'ai également été alertée sur les risques de la fracture numérique dans l'accès aux droits, lors d'une délibération sur la CAF.


Oui à l’accès numérique mais attention à ne laisser personne sur le côté. Attention à la fracture numérique et à ce que les services de la Mairie s’assurent de bien accompagner les personnes pour garantir leur accès aux droits. Trop de personnes ne bénéficient pas des aides et dispositifs auxquels ils ont le droit car ils n’en ont pas connaissance ou ne savent pas y accéder.

Enfin, et cela a nourri bien des réactions de la part d'une majorité qui m'étonnera toujours par son manque de prise de hauteur et son sens de la caricature sur des sujets d'importance, j'ai réagi à une subvention versée à l'AFEV, qui conditionne l'accès à des logements à des jeunes à la participation à des actions solidaires. Toute la question de la réciprocité des aides sociales doit être interrogée. Ce n'est pas notre position, nous la défendons, nous espérons un débat digne sur le sujet, pas ce à quoi j'ai assisté hier soir...


Je voterai pour cette subvention car elle va dans le bon sens, celle d’un appui aux étudiants pour se loger. Toutefois, pourquoi cette délibération donne-elle le sentiment que nous conditionnons cette aide à ce que les jeunes concernés acceptent par ailleurs de s’engager dans des actions, même sociales ou solidaires? Souvent les plus démunis doivent également travailler pendant leurs études, ce qui est aujourd’hui inadmissible, tout le monde peut en convenir. Devons nous ajouter à cela des “engagements”? Si nous démontrons à nos jeunes que la société se préoccupe d’eux, nul besoin de les inciter à un engagement solidaire quel qu’il soit, celui-ci sera naturel, quand il sera temps. Nos étudiants ont le droit d’accéder sans contrepartie de quelque ordre que ce soit à un logement digne et à bas coût. Faisons attention aux signaux que nous envoyons à notre jeunesse.


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