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Conseil municipal 25 janvier 2021 - Vœu Zoonoses et élevage intensif


Depuis mars 2020, le monde, la France et notre ville d’Angers sont confrontés à une pandémie aux conséquences sanitaires, économiques et sociales très graves.

La réponse de l’Etat et des pouvoirs publics s’est focalisée sur le traitement des conséquences de l’émergence de ce virus : approvisionnement en masques, relance économique, recherche d’un vaccin…

Tout cela est évidemment essentiel, mais il convient dès aujourd’hui de réfléchir aux causes de cette crise afin d’anticiper et éviter de prochaines pandémies. Pandémies que le monde scientifique nous annonce inéluctables si nous ne changeons pas notre rapport à l’écosystème et au monde animal en particulier.

La COVID-19 est une zoonose, et ces zoonoses sont une des principales sources de maladies émergentes : 75 % des nouveaux agents pathogènes nous sont transmis par les animaux dans le cadre de l’exploitation intensive que nous faisons d’eux ou de notre écosystème commun.

L'élevage intensif et la déforestation pour nourrir et parquer ces animaux que nous exploitons sont aujourd’hui deux causes majeures et parfaitement identifiées de l’apparition de ces nouveaux virus.

Ainsi, prévenir une prochaine épidémie implique inévitablement de repenser l’action publique en élaborant un plan de sortie de l’élevage intensif pour protéger la population mondiale comme la population angevine.

Pour cela il conviendrait de suspendre immédiatement la construction ou l’extension des élevages intensifs, qui parquent les animaux dans des cages et bâtiments sans espace ni lumière. En effet ces conditions de promiscuité extrêmes sont particulièrement propices au développement d’agents pathogènes et ne permettent pas d’assurer la sécurité sanitaire dont nous avons besoin pour nos concitoyens. Elles génèrent également des souffrances terribles pour ces êtres vivants et sensibles.

Ce plan de sortie de l’élevage intensif impliquerait en outre la réduction de la consommation de produits carnés. Une augmentation progressive de la part de protéines végétales dans les repas servis par la restauration collective est ainsi indispensable et irait dans le sens de notre projet alimentaire territorial. Elle nous permettrait d’atteindre l’autonomie alimentaire et agricole en matière de production et consommation de protéine, et de ne plus dépendre des importations de soja issu de la déforestation et destinés au bétail. Angers et son agglomération, à la pointe de la production végétale, en profiteraient.

Ce plan de sortie devra associer l’ensemble des acteurs concernés en veillant notamment à accompagner les personnes qui dépendent de l’élevage intensif vers des activités alternatives, et en redirigeant les aides pour enfin soutenir des systèmes moins intensifs.

Toutes ces propositions sont soutenues par la Convention citoyenne pour le climat, que le Président de la République s’est engagé à mettre en œuvre ou soumettre au Parlement, et par ce voeu nous souhaitons les appuyer.

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La ville d’Angers émet le vœu que l’Etat et les pouvoirs publics élaborent un plan de sortie de l’élevage intensif qui viserait à :

  • Suspendre par moratoire la construction ou l’extension des élevages intensifs;

  • Développer la végétalisation de l’alimentation dans la restauration collective et un plan d’autonomie en protéines ;

  • Accompagner les filières dans cette transition par des aides à la reconversion vers des systèmes moins intensifs ;

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